Accouchement : Peut-on éviter l’épisiotomie ?

Accouchement : Peut-on éviter l’épisiotomie ?

Déchirure ou épisiotomie ? L’éternel débat. L’épisiotomie est une intervention que les futures mamans redoutent. Les craintes se cristallisent souvent autour du temps de cicatrisations relativement long et les douleurs occasionnées dans les mois qui suivent la naissance du bébé. A quels paramètres tient l’usage de cette incision et est-il possible de l’éviter ?

Le recours à l’épisiotomie dépend-il des maternités ?

La réponse du Pr Jacques Lansac : « L’ épisiotomie a pour but de permettre à la mère d’avoir une incision chirurgicale de la vulve à un endroit facile à réparer, plutôt qu’une déchirure spontanée pouvant comporter les ruptures du sphincter, de l’anus voire du rectum, difficiles à réparer. Ces déchirures spontanées sont dues au passage de la tête ou des épaules du bébé qui peuvent être d’une taille supérieure à la vulve distendue au maximum. Elles peuvent laisser des séquelles avec des difficultés à retenir les matières ou les gaz. Une bonne préparation à la naissance pour apprendre à bien pousser et à bien contrôler la sortie du bébé avec l’aide de la sage-femme permet d’éviter la déchirure, si l’accouchement est simple. Ce qui est le cas dans 70 à 80 % des cas. Le médecin ou la sage-femme fera tout pour vous éviter la déchirure en retenant la tête du bébé, en écartant les lèvres et en faisant sortir la tête doucement. Cependant si le professionnel juge que la déchirure va se produire et qu’il vaut mieux pratiquer une épisiotomie, il faudra l’accepter. De même s’il estime qu’il faut faire naître rapidement votre bébé. Il vaut mieux avoir une épisiotomie bien faite et bien recousue qu’une déchirure du sphincter anal compliquée à réparer. Mieux vaut également une épisiotomie qui guérira bien qu’un bébé handicapé car son cerveau aura souffert de manque d’oxygène. Encore une fois, le professionnel de la naissance est ravi quand tout se passe bien et qu’il n’a rien d’autre à faire que de vous accompagner dans ce moment privilégié qu’est la naissance de votre enfant. S’il décide de faire une épisiotomie dans votre intérêt ou celui de votre bébé, il ne faut pas vous y opposer. Le recours à l’épisiotomie ne dépend donc pas de la politique de la maternité en la matière. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français recommande d’en faire dans moins de 30 % des naissances, mais, comme dans tous les métiers, il y a des professionnels plus anxieux, qui en font plus que d’autres ! Vous pouvez vous renseigner sur le taux d’épisiotomie observé dans la maternité dans laquelle vous souhaitez accoucher. »

Peut-on refuser l’épisiotomie ?

Cette intervention chirurgicale, qui consiste à sectionner une partie du périnée pour réduire le risque de déchirure du sphincter anal et faciliter ainsi la sortie de la tête du bébé, n’est pas systématique aujourd’hui, seulement 30 % des femmes en subissent une et le plus souvent pour le premier bébé. Elle est aujourd’hui pratiquée lors de situations particulières comme les accouchements difficiles , l’utilisation des forceps, lors d’une manœuvre obstétricale et chez les femmes ayant eu des déchirures graves lors d’un précédent accouchement. Elle peut aussi être nécessaire si votre bébé tarde à sortir et risque de souffrir d’asphyxie.

Cependant, rien ne vous empêche de signaler à votre sage-femme que vous ne souhaitez pas d’épisiotomie. Mais sachez que si votre périnée est trop tonique, c’est-à-dire pas assez souple, ou trop fragile, l’épisiotomie sera nécessaire.

À savoir

Sous péridurale, cette petite incision et le fait de recoudre les tissus incisés ne sont pas douloureux. En revanche, comme toute plaie récente, la zone recousue reste généralement douloureuse entre 7 et 10 jours après l’accouchement.

Renseignez-vous

N’hésitez pas à demander à votre obstétricien, ou à la sage-femme , de vous préciser dans quelles circonstances il sera amené à pratiquer une épisiotomie. En sachant que si elle se révèle nécessaire, il pourra l’envisager à tout moment et, comme le souligne le Pr Jacques Lansac, « il faut faire confiance aux professionnels, qui essayent toujours de l’éviter. »

Eviter l’épisiotomie en assouplissant son périnée

Au cours du dernier mois de grossesse, les professionnels conseillent de masser toute la partie postérieure de la vulve jusqu’à l’anus avec de l’ huile d’amande douce .

via www.topsante.com

2 comments

  1. Je dis hein les gars, quand vous trempez votre biscuit jusqu’à mettre le but là, vous savez que nous derrière on risque de se faire charcuter le vagin, quand c’est pas une « gentille » déchirure parfois jusqu’à l’anus ?

    Si si, il faut le savoir car ce sont les réalités (moins glamour) de la naissance ! Donc comprenez aussi que le biscuit doive parfois attendre avant d’être retrempé de nouveau après la naissance de votre progéniture…

    Respectez les femmes qui accouchent SVP !

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