Allaiter ou pas : comment faire son choix ?

Allaiter ou pas : comment faire son choix ?

Allaiter ou pas, comment choisir ?

Il est très difficile pour une future maman de prendre une décision quant à l’allaitement. La question se pose tout au long de la grossesse : doit-elle ou non donner le sein ? Et si oui, combien de temps ? Entre les recommandations officielles de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le regard de la société qui a tendance à faire culpabiliser les mères qui n’allaitent pas ou « pas assez longtemps », il est difficile de se faire une opinion.

Avant d’être une mère, la future maman est avant tout une femme. Le fait qu’elle choisisse ou non d’allaiter influence son quotidien, joue sur le rapport qu’elle a à son corps et sur les relations avec le père… Ce choix doit donc être longuement mûri avec l’aide de lectures et de diverses sources d’information pour aider à la prise de décision finale. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, c’est une décision personnelle qui doit être éclairée.

Les bienfaits de l’allaitement sur l’enfant

L’allaitement est idéal pour apporter au nourrisson tous les nutriments dont il a besoin pour grandir et se développer en bonne santé. Composé de protéines, d’acides gras et de minéraux, le lait maternel est naturellement adapté au bébé, favorisant ainsi une bonne digestion. De plus, il évolue en fonction des besoins nutritionnels de l’enfant. Sa composition varie selon la tétée : il s’enrichit en graisses au fur et à mesure que le sein se vide ou lorsque les tétées sont rapprochées.
La composition du lait change constamment au cours de la journée, puis au fil des mois pour s’adapter aux besoins de l’enfant qui grandit.

Le lait maternel jouerait un rôle préventif contre :

  • les microbes. Il transmet à l’enfant les anticorps de la maman, palliant les faiblesses de son système immunitaire encore peu développé. C’est en fait le colostrum (= composant sécrété par les seins avant la montée de lait), riche en cellules immunocompétentes, en oligosaccharides et en protéines, qui contribue à protéger le nouveau-né ;
  • les allergies. Le lait maternel serait un rempart efficace contre les allergies. Une étude de l’Inserm1 (Unité « Maladies infectieuses, auto-immunes et allergiques ») datant de 2008 a démontré que l’allaitement protégeait de l’asthme. Cependant, il n’a pas été prouvé que les enfants prédisposés à des allergies familiales soient davantage protégés en ayant bénéficié du lait maternel ;
  • la mortalité infantile, notamment pour les prématurés, même si cela s’observe davantage dans les pays en voie de développement ;
  • les risques d’obésité. Des études démontrent que le taux d’obésité est de 3,8 % chez les sujets allaités durant 2 mois, 2,3 % pour un allaitement durant 3 à 5 mois, 1,7 % pendant 6 à 12 mois et 0,8 % sur une période d’un an ou plus2  ;
  • le diabète. Une étude de 2007 démontre que les risques de diabète de type 1 ou 2 est plus faible chez les enfants ayant allaité plus de 4 mois3.
  • le cancer, le lymphome, l’hypercholestérolémie… mais aucune étude ne permet de l’affirmer véritablement pour le moment.

Les bienfaits de l’allaitement sur la mère

Un atout santé

  • L’allaitement accélère les contractions de l’utérus et lui permet de reprendre sa place plus rapidement après l’accouchement ;
  • Il diminue les risques de certains cancers, comme le cancer de l’ovaire et le cancer du sein4  ;
  • Il diminuerait le risque d’ostéoporose5.

Un lien renforcé avec l’enfant

Le toucher joue un rôle important chez le nouveau-né : il prend connaissance du monde à travers ses premiers contacts, notamment avec l’allaitement qui favorise lepeau à peau entre la mère et son enfant. L’enfant reconnaît l’odeur de sa mère mais aussi l’odeur de son lait, ce qui le rassure. La mère reconnaît elle aussi l’odeur de son bébé ce qui favorise la création de liens entre eux, un lien de confiance réciproque. Il faut néanmoins souligner que des liens peuvent s’établir entre la mère et l’enfant par d’autres moyens que l’allaitement.

Combien de temps allaiter?

L’OMS préconise l’allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois. En France, la Haute Autorité de Santé (HAS), une organisation d’autorité publique indépendante veillant à la qualité des soins, émet la même recommandation. Il en est de même au Canada6. La diversification de l’alimentation de l’enfant ne doit se faire qu’après cette période. Pendant les 6 premiers mois de sa vie, le lait maternel suffit amplement au bébé car il lui apporte tout ce dont il a besoin pour bien grandir. En grandissant, ses besoins changent et son alimentation aussi : d’autres nutriments doivent lui être apportés. Si la diversification alimentaire a été mise en place, il est tout de même possible de continuer d’allaiter. La durée d’allaitement variera en fonction des demandes de l’enfant, des envies de la maman et de ses possibilités d’allaiter.

Malgré tout, en France, une majorité de pédiatres est pour la diversification alimentaire dès le 4ème mois. Les pédiatres canadiens ont eux tendance à maintenir leur position en proposant plutôt une diversification alimentaire à partir du 6ème mois. 42% des mères qui allaitent à la sortie de la maternité adoptent la diversification alimentaire dès les 3 mois de l’enfant (ce qui coïncide bien souvent avec la reprise du travail).

Une étude publiée dans le British Medical Journal7en 2011 démontre que les enfants nourris exclusivement au sein après leurs 4 premiers mois sont davantage exposés à des risques d’anémie. En revanche, aucune étude ne prouve qu’une diversification alimentaire entre 4 et 6 mois est bénéfique pour l’enfant.

Durée d’allaitement : un choix personnel

Le choix de la durée de l’allaitement appartient uniquement à la mère. Elle seule peut prendre cette décision même s’il est important que celle-ci soit éclairée. En continuant d’allaiter au-delà des 6 mois recommandés, la mère continue de renforcer le système immunitaire de son enfant et conserve un lien maternel précieux avec lui.

Mais attention, une fois encore les avis divergent sur l’allaitement prolongé. Donner le sein à un enfant qui est en âge de marcher fait polémique en France et Outre-Atlantique. Considérées comme trop fusionnelles, les mères qui allaitent longtemps sont souvent montrées du doigt par le corps médical mais aussi par notre société. Néanmoins, aucune étude a permis de prouver que cette pratique peut être néfaste pour la santé et l’équilibre de l’enfant.

Très souvent les mamans décident de stopper brutalement l’allaitement lorsqu’elles reprennent le travail. Le sein laisse alors place au biberon. Cette période de sevrage peut être difficile pour l’enfant. Pour son équilibre et son bien-être, mieux vaut suivre les conseils de votre pédiatre, car suivant l’âge auquel le sevrage a lieu, les conséquences seront différentes pour la maman et son bébé.

Des solutions existent pour poursuivre l’allaitement malgré la reprise du travail. La mère peut garder une ou deux tétées par jour, stocker son lait ou encore le tirer sur son lieu de travail, sachant que son employeur ne peut lui refuser (Cf le Code du travail français).

 

Les contre-indications à l’allaitement

Le corps de la mère se prépare tout au long de la grossesse à l’allaitement. Mais parfois, ce processus naturel ne peut pas être mené à bien.

Les contre-indications à l’allaitement correspondent à :

Certaines maladies :

Chez la mère : insuffisance cardiaque, maladies graves des reins, du foie ou des poumons, infections bactériennes, herpès ou zona avec lésion sur le sein, VIH, dépression rendant l’allaitement difficile, hépatites. Chaque cas est cependant différent et des exceptions existent.

 

Chez l’enfant, il n’existe qu’une seule contre-indication.La galactosémie (maladie rare influant sur l’assimilation des glucides par le métabolisme) qui peut amener au développement d’autres pathologies (cirrhose du foie, cataracte, etc…) rend l’allaitement impossible. D’autres contre-indications, partielles cette fois, interviennent pour des pathologies qui restent tout aussi rares.

Certains médicaments

La majorité des médicaments ne sont pas contre-indiqués. Le sont néanmoins certains antidépresseurs,certains médicaments psychotropes, certains antiépileptiques, certains sulfamides, certains antithyroïdiens de synthèse, certains anticoagulants et tous les anti-cancéreux. N’hésitez pas à en parler à votre médecin en cas de doute.

Toutes les drogues

L’alcool, la cocaïne, les amphétamines, etc… sont bien entendu prohibés.

Quand la mère n’y arrive pas…

 Outre les problèmes physiques, il peut exister desproblèmes psychologiques chez la mère qui freinent l’allaitement ou le rend impossible. Elle peut avoir des réticences, ne pas être sûre d’elle et de son choix d’allaiter. Elle peut aussi se sentir forcée ou contrainte par les remarques des médecins ou de ses proches, et donc avoir le sentiment que ce choix ne lui appartient pas réellement. Toutes ces questions ajoutées au stress qu’est celui de devenir mère peut perturber la montée de lait.

Du côté de l’enfant, la succion qu’il exerce sur le sein amène à la lactation. Plus il est mis au sein tôt et plus la lactation sera stimulée. S’il n’est pas mis au sein dans les 6 heures suivants sa naissance, il va perdre son réflexe de succion et ne tétera pas correctement, ce qui impactera les montées de lait.

Les difficultés de l’allaitement peuvent aussi être dues au positionnement de l’enfant ou de la mère. Il ne faut pas hésiter à demander conseil à une puéricultrice qui sera plus à même de vous conseiller.

Une mère qui n’arrive pas à allaiter vit souvent cette situation avec un sentiment d’échec. Attention alors de ne pas tomber dans la déprime, il faut dédramatiser la situation. Une mère qui n’allaite pas reste une mère. Le seul fait qu’elle se sente coupable montre bien l’intérêt qu’elle porte au bien être de son enfant. Le lait artificiel apporte lui aussi tout ce dont un bébé a besoin pour bien grandir.

En France, 30% des femmes renoncent à l’allaitement avant même d’avoir accouché. Au Canada elles sont 13%8. Contraintes physiques, organisationnelles, peur que le corps change, mise à l’écart du père, etc… autant de choses qui peuvent motiver cette décision.

La décision n’appartient qu’à la future maman.

Il est important de mettre de côté cette pression sociale qui pèse sur les jeunes mères. L’allaitement doit être un moment de plaisir, de partage avec l’enfant. Si cela ne fonctionne pas, pas de panique. Comme dit l’adage : Mieux vaut donner un biberon avec bonheur que de donner un sein à contrecœur.

Source : Passeport Santé

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