Qu’est-ce que la rééducation périnéale ?

Qu’est-ce que la rééducation périnéale ?

La rééducation périnéale est indispensable pour reprendre contact avec son corps un peu malmené pendant la grossesse et l’accouchement, se remuscler et adopter de bonnes habitudes. Encore faut-il choisir le bon professionnel et ne pas négliger cette rééducation du périnée.

Les séances de rééducation périnéale

A la fin de votre séjour à la maternité, la sage-femme vous ­remettra une ordonnance pour 10 séances de rééducation postnatale, durant lesquelles vous effectuerez des exercices de rééducation périnéale. Vous êtes partie sans ? Réclamez-la à votre gynéco lors de la visite postnatale 6 à 8 semaines après l’accouchement. Dans tous les cas, sachez-le, elles sont remboursées par la Sécurité sociale à 100 %. La preuve que la rééducation périnéale et postnatale est indispen­sable pour toutes les jeunes mamans ou presque !
Les séances ont lieu chez une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé ayant reçu la formation nécessaire (adresses à l’Association réseau rééducation périnéale, 06 09 18 18 07). Surtout, n’allez pas voir n’importe qui. Vous risquez de tomber sur un thérapeute qui vous fera travailler les mauvais abdominaux ou vous laissera seule dans une pièce avec une sonde dans le vagin. Sachez aussi que si vous avez ­besoin de séances supplémentaires, elles seront remboursées, cette fois, à 60 %.

Rééducation périnéale et postnatale : qu’est-ce que c’est ?

On croit en général que seul le périnée est concerné. Rien de plus faux, puisque les séances de rééducation postnatale s’intéressent aussi à la sangle abdominale et au dos de la jeune maman. Pourquoi ? Parce que pendant la grossesse et l’accouchement, tous les tissus et les muscles se sont distendus. Le périnée – sorte de hamac tendu entre le pubis et le coccyx et constitué de trois couches musculaires – s’est relâché sous l’effet de l’imprégnation hormonale, du poids du fœtus et s’est étiré lors de l’expulsion. Il faut donc remuscler et remonter l’ensemble à travers plusieurs séances de rééducation périnéale.
Les abdominaux ? Eux aussi se sont distendus au fil des mois sous l’effet de l’imprégnation hormonale. Ils ne remplissent plus correctement leur rôle de gaine et de soutien des viscères. Quant au dos, il n’est pas en reste non plus. Avec le poids du ventre, la cambrure naturelle des reins s’est accentuée ; le centre de gravité s’est déplacé ; les épaules se sont voûtées. Bref, pour que le corps retrouve une bonne statique, il y a encore du travail de rééducation périnéale, sans négliger chaque partie et chaque muscle de votre corps !

Pourquoi la rééducation périnéale est-elle indispensable ?

Le périnée peut être comparé à un plancher qui soutiendrait la vessie, le vagin et le rectum. Et son relâchement peut se traduire par des pertes involontaires d’urine (voire des gaz ou des matières fécales) au moindre effort, ou simplement lorsque l’on tousse, que l’on rit ou éternue. Rien de très étonnant après une grossesse et un accouchement. Mais pour éviter que cela ne s’aggrave avec les années et les grossesses ultérieures, et qu’une descente d’organes – ou prolapsus – ne s’ensuive, la rééducation périnéale a un rôle important.
De plus, au niveau du vagin, le relâchement musculaire risque d’altérer la qualité des rapports sexuels. Pour une raison ­simple : c’est le périnée qui se contracte pendant l’orgasme. Et un périnée tonique qui se contracte bien assure un meilleur contact du pénis avec le vagin. Avec davantage de sensations et de plaisir ! Que du bon donc, dans la rééducation du périnée ! Quant à la rééducation des abdominaux et du dos, elle limite l’importance de la cambrure au niveau des reins, responsable avec le temps, de douleurs. Comme le « dos rond » et le ventre pointant vers l’avant qui vous donnent 10 ans de plus et une silhouette avachie.

Toutes les femmes sont-elles concernées par la rééducation périnéale ?

Toutes les femmes ou presque, qu’elles aient accouché par les voies naturelles ou par césarienne (le périnée s’est beaucoup relâché déjà pendant la grossesse), ont besoin d’une rééducation périnéale. Mais même si votre périnée n’est pas en trop mauvais état, qu’en est-il de vos abdos ? Autre cas de figure, certaines femmes ont un périnée tonique mais se révèlent parfois incapables de le contracter correctement (ce qu’on appelle le « verrouiller ») lors d’un effort et de le décontracter ensuite. En fait, nombreuses sont celles qui ne savent ni où il se situe ni à quoi il sert ! La préparation à la naissance est d’une bonne aide dans ce domaine.

Concrètement, que fait-on pendant la rééducation périnéale ?

Il existe 3 techniques de rééducation périnéale, souvent utilisées ensemble. Le professionnel consulté décidera de celle(s) qui vous convien(nen)t le mieux. La première est manuelle. Le thérapeute se sert uniquement de ses doigts, qu’il introduit dans le vagin, pour exercer une pression sur le périnée, tester sa résistance et le remuscler. La femme le contracte quelques secondes en réponse.
La 2ème, l’électrostimulation, permet, grâce à une sonde reliée à un appareil et introduite dans le vagin (ou dans l’anus), d’envoyer un courant de faible intensité pour stimuler les nerfs du périnée. Elle est particulièrement adaptée à celles qui souffrent de douleurs après une épisiotomie ou des déchirures.
La 3ème et la plus récente, le biofeedback, utilise aussi une sonde, mais cette fois sans stimulation électrique. Son intérêt ? On visualise l’efficacité de la contraction du périnée grâce à une courbe qui se dessine sur un écran ou des signaux lumineux. Parfait pour celles qui n’ont pas conscience de leur périnée et de son rôle. En plus de cette rééducation périnéale au cabinet 1 à 2 fois par semaine, le travail se poursuit à la maison avec des exercices pour le périnée à pratiquer une dizaine de minutes par jour.

Quand commencer la rééducation périnéale ?

Il y a des délais à respecter selon les exercices de rééducation périnéale. Pour l’électrostimulation, il faut at­tendre 6 ou 8 semaines après l’accouchement afin que les tissus aient le temps de cicatriser. Le biofeedback en revanche et les exercices basés sur la respiration, les plus doux, peuvent débuter plus tôt. D’ailleurs, certaines maternités pro­posent déjà aux mamans quelques mouvements dès le lendemain de la naissance.

Protégez votre périnée… à vie après la rééducation périnéale


– Après la rééducation périnéale : mon bébé, je porterai correctement
Plus une charge est portée haut et près de celui qui porte, moins elle est lourde et pèse. Une écharpe de portage bien positionnée (préférable pendant les 3 premiers mois) qui maintient bien la cage thoracique évite la pression sur le périnée et une cambrure exagérée. Les fesses du bébé doivent être juste sous vos seins et sa tête dans votre cou ou sur votre épaule.
– Après la rééducation périnéale : contre la constipation, je lutterai
Pourquoi ? Parce qu’on pousse très fort sur le périnée pour faire sortir les selles. Aux toilettes, posez les pieds sur un marchepied et penchez-vous légèrement en avant. Ainsi, vous réorientez la position du rectum et les selles descendent plus facilement.
– Après la rééducation périnéale : à faire pipi sans forcer, j’apprendrai
Certaines femmes poussent pour faire sortir le jet d’urine ! Asseyez-vous, pieds à plat et genoux écartés non entravés par des vêtements (culotte et collants ou pantalon à la cheville). C’est la relaxation des muscles du périnée qui provoque l’ouverture du sphincter de la vessie.
– Après la rééducation périnéale : de fumer, je m’abstiendrai (et même avant !)
Quand on est accro à la cigarette, on est davantage sujette aux bronchites et à la toux. Bonjour les conséquences d’une toux répétée sur les muscles du périnée ! De plus, le tabac interfère sur la synthèse du collagène, un constituant de la peau et des tissus de soutien du périnée…
– Après la rééducation périnéale : mon sport, je choisirai
Ceux qui « tapent » sur le sol et créent une pression abdominale comme le volley-ball, le tennis, le hand-ball, le basket, la course à pied, le trampoline… causent de gros dégâts sur le périnée. Sont recommandés en revanche : la natation, le stretching, le vélo, la marche rapide et le yoga.
– Après la rééducation périnéale : crac-crac à volonté, je ferai !
Plus on fait l’amour, plus le périnée se contracte, plus il est tonique et permet d’accroître le plaisir sexuel. On en redemande donc…

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