Devenir Mompreneur

Devenir Mompreneur
Dans “mompreneur”, il y a “maman” et “entrepreneur”. Mais que trouve-t-on vraiment derrière ce néologisme qui sonne bien et qu’on entend de plus en plus? C’est quoi, une mompreneur ? En (très) gros, une maman qui décide de monter son entreprise et qui travaille de chez elle.
Mompreneur

Leur bébé les a boostées et elles ont créé leur société. Celles qui confondent leur statut de mompreneur avec celui de mère au foyer se sont brûlé les ailes. Les autres, devenues chefs d’entreprise– avec un bon mode de garde à la clé –, ne connaissent pas la crise. Rencontre avec les héroïnes de ces success-stories.

Des mamans très implantées sur le net

Des mamans très implantées sur le net

Le mouvement est parti des Etats-Unis il y a vingt ans, pour arriver péniblement jusqu’en France il y a quatre ans. Les mompreneurs ont en commun, en général, de s’être lancées dans l’entreprenariat après l’arrivée d’un bébé. « Lorsque j’ai eu mon deuxième enfant, j’étais salariée, raconte Céline Frénié. Très vite, je me suis rendue à l’évidence : deux enfants en bas âge constituaient un frein à mon évolution professionnelle. J’étais cataloguée comme mère de famille. Et comme beaucoup de femmes, je me demandais comment avoir une activité professionnelle épanouissante, tout en m’occupant de mes enfants. Je me suis lancée. Pendant ma grossesse, j’avais éprouvé des manques, en tant que consommatrice, alors qu’il existait un tas de produits innovants à l’étranger. L’idée du site est née comme ça. Je venais de l’e-commerce, donc c’est allé vite. » L’e-commerce est d’ailleurs sur-représenté dans les sociétés montées par ces jeunes femmes, puisque les horaires sont plus flexibles et que les frais fixes se compriment plus facilement. Elles se lancent dans les services, le juridique, l’artisanat. Le secteur de la petite enfance est lui aussi très prégnant.

Le mode de garde, indispensable pour réussir

Le mode de garde, indispensable pour réussir

Lorsqu’elles décident de sauter le pas, de quitter le confort ou l’aliénation du salariat, elles ont quand même dans la tête qu’en étant chefs d’elles-mêmes, elles seront maîtresses de leurs horaires et de leur emploi du temps. Et qu’elles parviendront plus facilement à concilier vie privée et vie pro, enfant et travail. Et là, attention à l’atterrissage. « Quand on a de jeunes enfants, il est impératif d’avoir un mode de garde, prévient Céline Frénié. Garder son bébé en pensant réussir à travailler pendant les heures de sieste ou tard le soir est contre-productif. Je sais de quoi je parle. J’ai eu des jumeaux après mes deux premiers enfants. J’ai dû embaucher quelqu’un, et même retravailler avant qu’ils ne puissent être gardés, à 2 mois et demi. Avec le recul, je me demande comment j’ai fait. » « Oui, la grossesse donne du courage et de l’énergie, mais gérer de front le bébé et la boîte, c’est énorme », confie cette autre mompreneur.

Des entreprises pas toujours pérennes

Des entreprises pas toujours pérennes

Les mamans qui décident de devenir leur propre patron finissent-elles par bâtir une société réellement bénéficiaire, ou se contentent-elles d’une petite activité annexe pourvoyeuse d’un salaire d’appoint ? Car si ce phénomène économique se révèle n’être qu’une façon de renvoyer les femmes au foyer en période de crise, il n’y a pas de quoi se réjouir. L’une d’entre elles reconnaît avoir eu l’impression de rencontrer parmi les mompreneurs débutantes un grand nombre de femmes « qu’on laissait se faire plaisir sans viabilité économique. Il faut le dire, glisse-t-elle, rares sont les projets vraiment originaux et créatifs ». Mais peut-être est-elle un peu pessimiste (ou mauvaise langue). Il est difficile d’avoir une idée précise et chiffrée du devenir des mompreneurs, qui ne constituent pas une catégorie spécifique. On sait en revanche que depuis dix ans, les femmes représentant 30 % des créations d’entreprise et que leur taux de pérennité est supérieur à celui des hommes. Cinq ans après leur création, 55 % des entreprises (quel que soit le sexe du fondateur) existent toujours. C’est le cas de 60 % des sociétés créées par des femmes.

Se faire accompagner par une « couveuse »

Se faire accompagner par une « couveuse »

Les mompreneurs qui ont réussi à rendre leur petite entreprise viable donnent toujours les mêmes conseils : bétonner son business plan, s’assurer de la potentielle rentabilité du projet, se former à la fois au marketing, à la gestion, la comptabilité, l’administratif, être accompagnée par des sociétés spécialisées. Pour mettre toutes les chances de leur côté, les mompreneurs peuvent se tourner vers une “couveuse”, une association qui offre un hébergement juridique au porteur de projet, lui permet de prospecter et de tester son marché sans risque, le forme, le conseille, le coache. Après 11 ou 18 mois d’un suivi personnalisé, le jeune chef d’entreprise est normalement prêt à voler de ses propres ailes. Les femmes représentent 60 % des personnes accompagnées chaque année par les couveuses. Là aussi, elles réussissent aussi bien, voire mieux que les hommes. En revanche, une fois lancées, passées ou pas par une couveuse, les sociétés créées par des femmes grossissent moins (en nombre de salariés) et moins vite que celles des hommes. « A cela trois raisons, explique Alain Bosetti, président du Salon de la micro-entreprise** : les femmes qui se lancent ont moins de capitaux propres car les banques leur prêtent moins d’argent (là aussi, il y a un plafond de verre), les charges familiales pèsent plus fortement sur leurs épaules, elles recherchent davantage la sécurité et prennent moins de risque. » Et de conclure : « Finalement, elles gèrent leur entreprise… en bon père de famille ».

Gaëlle Guernalec-Levy
via parents.fr

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