Avoir un enfant préféré n’est pas un mythe

Avoir un enfant préféré n’est pas un mythe

Selon plusieurs études, nombreux sont les parents qui auraient un enfant préféré.

Les parents concernés préfèrent ne pas le dire, mais les experts sont formels : avoir un enfant préféré n’est pas un mythe. Plusieurs études scientifiques avancent que le favoritisme est un fait indéniable dans plusieurs familles.

Katherine Conger, professeur de développement humain et de la famille de l’Université de Californie, a révélé dans une enquête que 70 % des pères et 74 % des mères adoptaient un traitement préférentiel à l’égard d’un enfant. Pour arriver à cette conclusion, elle a suivi pendant trois ans environ 400 fratries (de deux personnes) ainsi que leurs parents.

Dans le livre « L’enfant préféré, chance ou fardeau », Catherine Sellenet, professeur en sciences de l’éducation à l’université de Nantes et Claudine Paque, qui enseigne la communication dans la même université, ont les même conclusions. Les deux auteures avancent que « rares sont les parents qui le reconnaissent d’emblée, mais il semble très fréquent de préférer l’un de ses enfants ». Dans un entretien dans Le Monde, elles expliquent que ce phénomène est gardé sous silence car  » il transgresse le modèle idéal de la famille où tout est partagé en parts égales, où le cœur du parent « grossit à chaque enfant », comme il est écrit dans les livres pour les petits ».

Elles précisent aussi que par enfant préféré, on entend un enfant qui bénéficie de plus d’amour que les autres frères et soeurs mais cela ne veut pas dire que les « moins aimés » n’en ont pas du tout. « Il n’est pas question d’absence d’amour pour les autres enfants. La préférence est affaire de distinction », écrivent-elles.

Qui est le chouchou ?

Selon Katherine Conger, « l’ordre de naissance des enfants joue toujours un rôle clé dans la perception que les parents ont d’eux. L’aîné aurait toujours une position privilégiée par rapport à ses frères et sœurs plus jeunes ».

Pour les deux chercheuses françaises, d’autres facteurs entrent également en jeu :  la préférence peut aller « à l’identique », à l’enfant qui ressemble à ses parents, avec qui les parents ont des affinités. Aussi, les parents auront tendance à préférer les enfants « faciles », brillants à l’école, calmes,etc. Enfin, le sexe de l’enfant et sa place dans la famille (le premier ou le petite dernier ont souvent plus de chances d’être les favoris que ceux du milieu.)

Chance ou souffrance ?

Pour la spécialiste californienne, il ne sert à rien de culpabiliser. Le problème se pose vraiment lorsque les parents ont tendance à favoriser l’un des enfants sans reconnaître les efforts de l’autre.

Les chercheuses françaises pointent le paradoxe de l’enfant préféré : « Etre le chouchou, c’est à la fois une chance et une souffrance ». Selon elles, l’enfant favorisé aura davantage d’estime de lui-même mais avec les années, il peut aussi développer un sentiment de culpabilité par rapport à ses frères et soeurs.  De plus, être l’enfant préféré implique une certaines pressions : ne pas décevoir les parents, garder sa place de « favori »… A contrario, l’enfant « moins aimé » pourra tracer sa route librement, en dehors d’injonctions ou de pressions parentales…

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